LA TERREUR
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110406

 

Interrogatoire I

A : Cela a pris combien de temps ?
B : Quelques minutes.
A : De votre entrée à votre sortie ?
B : Non, alors cela a pris plus de temps. Disons cinq ou six
minutes.
A : Il y avait une chaise ?
B : Oui.
A : Vous vous êtes assis ?
B : Après un moment. Je me suis d'abord avancé lentement.
A : Vous avez hésité ?
B : Oui.
A : Mais vous vous êtes finalement assis !
B : Oui.
A : À quelle distance étiez-vous du sujet ?
B : un mètre.
A : À quelle distance étiez-vous du sujet ?
B : un mètre.
A : Que faisiez-vous de vos mains ?
B : Mes bras pendaient le long du corps, les paumes vers
l'intérieur.
A : Que faisiez-vous de vos jambes ?
B : Mes pieds étaient plaqués au sol.
A : Vous n'opériez aucun mouvement ?
B : Non.
A : Vous regardiez le sujet ?
B : Oui.
A : Fixement ?
B : Oui.
A : Vous regardiez le sujet et vous étiez immobile ?
B : Oui.
A : La taille du sujet ?
B : Un mètre quatre - vingt.
A : Son poids ?
B : Soixante quinze kilos.
A : La couleur de sa peau ?
B : Blanche rosée.
A : Les yeux ?
B : Quoi, les yeux ?
A : Contentez-vous de répondre. La couleur des yeux du sujet ?
B : Il avait les yeux fermés.
A : Vous êtes-vous approché plus près ?
B : Non.
A : Avez-vous pensé à vous en approcher ?
B : Oui.
A : Avez-vous touché le sujet ?
B : Non.
A : Avez-vous pensé à le toucher ?
B : Oui.
A : Avez-vous pensé à le toucher ?
B : Oui.
A : Combien de temps cette idée vous a habité ?
B : Trente secondes, un peu plus.
A : Quel évènement a arrêté cette réflexion ?
B : Quoi, Je.
A : Répondez.
B : La honte.
A : Qu'avez-vous pensé ensuite ?
B : Je me suis mis à sa place.
A : Qu'avez-vous pensé ensuite ?
B : Je me suis mis à sa place.
A : Quelle sensation cela vous a procuré ?
B : Quoi, Je.
A : Répondez !
B : La honte.
A : Qu'entendez-vous par là ?
B : Un instant où tout est possible que l'on ne peut que
regretter
A : Pourquoi ?
B : Ce qui n'a pas de limite.
A : Oui
B : Ce qui n'a pas de limite.
A : Oui
B : Ce qui n'a pas de limite nous réduit à l'impossible.

Extrait de "La géométrie des morts" de Alain Cofino Gomez

11.4.06 08:58


100406

VI

Il y a deux millions d’années le prolétariat a disparu

Les ouvriers ont disparu

Les philosophes ont disparu

Les syndicats ont disparu

La bourgeoisie a disparu

Les écoles ont fermé leurs portes

Les manifestations ont cessé

L’armée s’est dissoute

Un monde d’actionnaires a vu le jour

Et chacun put librement marchander et échanger

Chacun peut observer les titres et les valeurs évoluer

Il y a deux millions d’années une paix infinie s’est répandue sur la terre

Les parlements se sont dissout

Les consulats ont disparu

La police a arrêté toute activité

Sans que rien n’éclate ou ne se décide les humains acceptèrent un ensemble de règles universelles

Le chemin le meilleur et le plus court entre consommateurs et consommables fut enfin découvert

Il y a deux millions d’années une paix infinie enfin infinie enfin infinie enfin…enfin


extrait de "Actes/Révoltes" de Alain Cofino Gomez

10.4.06 10:28


23.3.06 22:07


190306

Me suis régalé lorsqu’à la télé, monsieur Werber répondant à la question du comment un bouquin marche et se best-sellerise, on s’est vu répondre qu’il fallait oublier la forme et préférer les bonnes histoires écrites simplement et que marre des phrases compliquées et chiantes, donc.

Oui, il a sans doute raison…

A.C.G.

19.3.06 20:34


18.3.06 01:09


140306

Sylvain Courtoux fut l’un des auteurs que j’invitai à écrire une courte pièce dans le cadre de la carte blanche. C’est un camarade d’écriture, un chercheur poético-politique comme je les aime et c’est lui, pour être exacte, qui m’invita le premier à écrire pour son blog (http://20six.fr/action_writing/archivebymonth ...). Toujours est-il que je vous en parle parce qu’il vient de publier un texte chez « Dernier Télégramme ». Je vous invite à le découvrir et à commander son livre sur le site de l’éditeur > http://dernier.telegramme.free.fr/index2.htm

Je vous assure que le bonhomme et son écriture en valent la peine !


A.C.G.

14.3.06 09:54


130306

Plus j’écris, plus je m’aperçois que mon moteur d’écriture est une énergie.

Une vigueur vivace. Celle d’une figure sans histoire, sans âge, sans appartenance. Une figure seule, debout sur le tas de nos déchets, de nos défaites. Une figure verbale qui fustige et prédique une fin de monde, sans doute. Qui ressasse l’ombre de ce que nous avons abandonné. Négligé. Oublié.

Debout encore, sur l’amoncellement de nos restes, debout. Esseulé, la gueule ouverte à pourfendre, armé de phrases inflammables prêtes à bouter.

Oui, c’est cela qui se dessine d’ombres et de mots que je veux mener à la scène, que je veux proposer aux acteurs.

C’est habité de cette énergie que je viens vers vous. Pages après pages, je construis notre rencontre… en espérant qu’on ne l’empêche par souci de préserver un climat tempéré propice au, sois disant, équilibre d’un hypothétique paysage théâtral.


A.C.G.

13.3.06 09:19


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